Ne remplace pas un avis médical.
La périostite tibiale est une douleur diffuse le long du bord interne du tibia, liée à une surcharge de l'os et des tissus qui l'entourent. Elle apparaît en courant, surtout en début de sortie ou après une hausse du volume. Avec une charge adaptée et une reprise progressive, la plupart des coureurs reprennent en quelques semaines.
Tu as repris la course après l'été, ajouté une séance de fractionné ou enchaîné les sorties sur bitume, et une douleur s'est installée le long de l'intérieur du tibia, sur plusieurs centimètres. Au début, elle disparaît une fois échauffé, puis elle s'installe pendant toute la sortie et se fait sentir en descendant les escaliers. Cette périostite tibiale, que les spécialistes appellent syndrome de stress tibial médial, est l'une des blessures les plus fréquentes chez les coureurs, en particulier les débutants et ceux qui reprennent après une pause [4]. Contrairement à ce que laisse penser son nom, il ne s'agit pas seulement d'une inflammation du périoste, la membrane qui entoure l'os : c'est une réaction de surcharge de l'os tibial et des attaches musculaires du mollet. Une hausse rapide du volume, un antécédent de périostite, un pied qui s'affaisse beaucoup à l'appui et le fait d'être une femme reviennent parmi les facteurs de risque [2] [3]. Ce guide t'aide à reconnaître les signes, à la distinguer d'une fracture de fatigue, à soulager la douleur et à organiser une reprise sans rechute.
L'essentiel en 30 secondes - Douleur diffuse sur 5 cm ou plus le long du bord interne du tibia, en courant. - Réduire la charge et reprendre progressivement est la base. - Le renforcement du mollet et du pied aide à mieux encaisser les impacts. - Consulte si la douleur devient précise sur un point, persiste au repos ou la nuit.

Qu'est-ce que la périostite tibiale ?
À chaque foulée, le tibia se courbe légèrement sous l'impact, et les muscles du mollet qui s'y attachent tirent sur sa face interne. Quand les impacts s'enchaînent trop vite, l'os n'a pas le temps de s'adapter : il devient sensible sur toute une zone. La périostite se situe sur un continuum de surcharge osseuse qui, sans adaptation, peut évoluer vers une fracture de fatigue, dont la douleur est plus précise. Une douleur sur la face externe de la jambe, qui monte à l'effort et cède à l'arrêt, évoque plutôt un syndrome des loges.
Symptômes
- Douleur diffuse le long du bord interne du tibia, sur au moins 5 cm.
- Douleur en début de course, qui peut s'atténuer à l'échauffement puis revenir.
- Sensibilité au toucher de la face interne du tibia.
- Parfois un léger gonflement ou des petites irrégularités sous les doigts.
Auto-tests
- La palpation : fais glisser tes doigts le long du bord interne du tibia. Une sensibilité sur une large zone oriente vers la périostite ; un point précis et très douloureux doit faire penser à une fracture de fatigue.
- Le saut : saute 10 fois sur place sur la jambe douloureuse, si la marche est indolore. Une douleur nette et localisée impose d'arrêter et de consulter.
- Le journal : note à quel moment de la sortie la douleur apparaît. Si elle arrive plus tôt à chaque fois, réduis la charge.
« Périostite tibiale : exercices et étirements », Alexandre Auffret.
Causes et sports à risque
Course sur route
La reprise trop rapide, les sorties sur bitume, les chaussures usées et le fractionné ajouté d'un coup sont les déclencheurs les plus fréquents.
Trail
Les longues descentes et la hausse rapide du dénivelé imposent de fortes contraintes freinatrices au tibia et aux muscles de la jambe.
Sports co et danse
Les sauts répétés, les changements de direction et les surfaces dures sollicitent le tibia à chaque réception.
Hyrox et CrossFit
Les box jumps, les sauts à la corde et les courses répétées entre les ateliers multiplient les impacts sur sol dur.
Facteurs personnels
Un antécédent de périostite, un pied qui s'affaisse fortement à l'appui, une cheville raide et un manque de force du mollet augmentent le risque [2] [3].

Quand consulter
Consulte un médecin si la douleur devient précise sur un point de l'os, si elle persiste au repos ou la nuit, si tu boites, si la jambe gonfle ou si la douleur ne diminue pas après 3 à 4 semaines d'adaptation : une fracture de fatigue doit alors être recherchée. En cas de douleur persistante, consultez un professionnel de santé.
Combien de temps pour récupérer
| Phase | Objectif | Durée indicative | Critère de passage |
|---|---|---|---|
| 1. Douleur | Réduire les impacts, vélo, natation, marche | 1 à 3 semaines | Marche rapide et sauts sur place sans douleur |
| 2. Mise en charge | Renforcer mollet et pied, sauts légers | 2 à 4 semaines | 20 montées sur pointes sur une jambe sans douleur |
| 3. Reprise | Alterner marche et course sur terrain souple, puis augmenter | 3 à 8 semaines | Pas de douleur pendant ni le lendemain |
Une revue systématique souligne qu'un programme de reprise progressive de la course reste l'option la plus raisonnable [1].

Nos conseils fondés sur les études
Réduis la charge, sans t'arrêter complètement. Remplace une partie des sorties par du vélo, de la natation ou de l'aquajogging, et garde la course tant que la douleur reste à 3/10 maximum. Une revue systématique ne trouve pas d'approche supérieure au repos actif suivi d'une reprise progressive [1] (niveau A).
Reprends par paliers. Alterne marche et course sur terrain souple, un jour sur deux, et augmente le temps de course par petites étapes. Les débutants et ceux qui reprennent sont les plus exposés [4] (niveau B).
Renforce ton mollet et ton pied. Montées sur pointes, exercices des orteils et travail d'équilibre aident la jambe à mieux absorber les impacts. Les interventions préventives centrées sur le renforcement et la charge sont étudiées avec des résultats encourageants [5] (niveau B).
Connais tes facteurs de risque. Un antécédent de périostite et un pied qui s'affaisse fortement à l'appui augmentent le risque : adapte tes chaussures et ta progression [2] [3] (niveau A).
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Prévention et exercices
Augmente progressivement ton volume et ton dénivelé, alterne bitume, chemins et pistes en herbe, change de chaussures avant qu'elles soient usées et garde deux séances de renforcement du mollet et du pied par semaine. Après une pause, reprends plus doucement que ton niveau d'avant. Surveille aussi la tendinite d'Achille et la fasciite plantaire, autres blessures de surcharge du coureur.
Froid, massage, pressothérapie : en complément
Ces outils ne remplacent pas l'adaptation de la charge. Le froid peut soulager ponctuellement la douleur après la course, et le massage du mollet aide à te sentir moins raide, avec des preuves modestes. La pressothérapie n'agit pas sur l'os, mais elle aide à la récupération globale des jambes quand le volume revient.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une périostite tibiale ?
Le plus souvent, de 2 à 8 semaines avec une charge adaptée et une reprise progressive. Elle peut durer plus longtemps si tu continues à courir sur la douleur. Plus tu réagis tôt, en réduisant les impacts et en renforçant ta jambe, plus la reprise est rapide [1].
Quelle est la cause d'une périostite ?
Une surcharge du tibia : trop d'impacts, trop vite, sans laisser à l'os le temps de s'adapter. Une hausse rapide du volume, le bitume, des chaussures usées, un antécédent de périostite et un pied qui s'affaisse fortement à l'appui favorisent son apparition [2] [3].
Pourquoi j'ai mal au tibia en courant ?
Le plus souvent à cause d'une périostite, liée à une hausse de charge. Une douleur précise sur un point de l'os peut évoquer une fracture de fatigue, et une douleur sur la face externe, qui cède à l'arrêt, un syndrome des loges. Si la douleur persiste, consulte.
Peut-on courir avec une périostite tibiale ?
Parfois, oui. Si la douleur reste à 3/10 maximum pendant la course, ne modifie pas ta foulée et ne s'aggrave pas le lendemain, des sorties courtes sur terrain souple sont envisageables. Sinon, remplace temporairement la course par du vélo ou de la natation.
Comment calmer une douleur de périostite ?
Réduis les impacts, applique du froid 15 minutes après l'effort, masse doucement le mollet sans appuyer sur l'os et remplace quelques sorties par du vélo ou de la natation. Le renforcement progressif du mollet aide ensuite à éviter que la douleur revienne.
Quels exercices pour une périostite tibiale ?
Montées sur pointes lentes, marche sur les talons, exercices des orteils avec une serviette et travail d'équilibre sur une jambe. Commence sans douleur au-delà de 3/10, deux à trois fois par semaine, puis augmente progressivement la difficulté [5].
Sources
- Winters M et al. Treatment of medial tibial stress syndrome: a systematic review. Sports Med, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23979968 (A)
- Newman P et al. Risk factors associated with medial tibial stress syndrome in runners: a systematic review and meta-analysis. Open Access J Sports Med, 2013. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24379729 (A)
- Reinking MF et al. Medial Tibial Stress Syndrome in Active Individuals: A Systematic Review and Meta-analysis of Risk Factors. Sports Health, 2017. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27729482 (A)
- Menéndez C et al. Medial Tibial Stress Syndrome in Novice and Recreational Runners: A Systematic Review. Int J Environ Res Public Health, 2020. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33066291 (B)
- Marques TBT et al. Preventive interventions for medial tibial stress syndrome: Systematic review and meta-analysis. Gait Posture, 2025. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40633262 (B)
Cet article est informatif : il ne remplace pas un avis médical.
Par Clara Martin · mis à jour le 15 octobre 2026